Erotic Market s'invite chez Chuchotements

Erotic Market est un groupe originaire de Lyon qui s’est formé en août 2011 autour de Marine Pellegrini et Lucas Garnier. Six mois plus tard ils créent leur formule live en compagnie de Julien à la basse et Sylvain à la batterie. Erotic Market multiplie les concerts depuis octobre 2012 et a été récemment sélectionné par le concours des iNOUïS du Printemps de Bourges. La sortie de leur EP est prévue pour Avril 2013.

Qu’est-ce qui vous a poussé à former un nouveau groupe ?

Marine : Lucas et moi étions dans un autre groupe et nous avions besoin de changer d’univers musical. C’est parti d’une envie commune d’explorer une musique un peu particulière.

Comment définissez-vous cet univers musical ?

Lucas : Si on se base sur nos influences, Marine a le côté R’n’B et hip-hop qui est en elle et qui resurgit, moi je fais ressortir le côté rock typé et bruyant. Nous sommes imprégnés des styles que nous écoutons depuis l’adolescence, ces influences sont en profondeur. Nous partageons beaucoup de références musicales, mais nous écoutons quand même des choses assez différentes. A la base je suis trompettiste et j’ai longtemps évolué dans un univers jazz. J’ai toujours été attiré par le jazz « bizarre », comme par exemple celui de Steve Coleman, composé de sons et d’harmonies étranges. L’aspect rythmique m’a toujours parlé et cela m’a permis de m’ouvrir à des musiques plus contemporaines comme le rock et la musique électronique. Maintenant, je suis complètement décomplexé et j’écoute de tout très facilement !

Quels sont les groupes qui vous ont marqués ?

Lucas : J’ai toujours été marqué par le côté caméléon de Miles Davis. J’adore Björk pour les mêmes raisons : elle va chercher la petite bête là où nous ne la voyons pas. En hip-hop, j’aime beaucoup les Beastie Boys et le Wu-Tang Clan. J’aime également le groupe Shellac, composé de Steve Albini qui a un côté trance rythmique et noise qui me plaît énormément… Comme je suis « musicovore » , j’aurais du mal à citer tous les groupes qui m’ont marqué !

Marine : Petite, j’écoutais beaucoup Mariah Carey, The Fugees, Lauryn Hill. Plus récemment j’écoute Beyoncé et Erykah Badu qui, elle, fait de la soul.

Ces influences se ressentent dans votre musique. Avec vos propres mots, pourriez-vous définir votre style ?

Marine : J’aime bien le terme de R’n’B Garage, c’est une ondulation rock.

Lucas : De notre musique ressort un côté fluo et intense, des couleurs saturées dans lesquelles tu te plonges, tu te noies et qui te marquent. La rythmique s’imprime sur le corps, ce sont souvent des choses heurtées. J’ai choisi le mot « fluo » car nous aimons bien le côté agressif, dans le sens hypnotique…

Marine : … comme un néon de sex-shop !

Lucas : C’est gras comme un fish and chips. Nous aimons la musique grasse : de grosses basses et des sonorités qui dégoulinent. Notre musique est un peu sale, mais nous l’aimons ainsi.

Comment composez-vous ?

Marine : Généralement, je créé des ébauches avec de la voix, des paroles, des mélodies en y ajoutant une percussion et une basse. Puis, avec Lucas, nous regardons comment les développer et les arranger.

Lucas : Marine vient avec un concentré du morceau, une petite partie assez courte mais très intense et à partir de celui-ci nous voyons où nous voulons aller et comment cela nous parle. En creusant dans la matière, à deux, enfermés dans une grotte, nous travaillons dessus.

Vous êtes assez complémentaires.

Marine : Nous sommes très complémentaires. Je suis instinctive et explosive alors que Lucas est analytique et patient.

De quoi traitent tes textes ?

Marine : En général c’est assez cru et métaphorique. Les petits speechs ironiques apportent peut-être une façon plus drôle de les porter… mais les textes ne le sont pas. Cela traite des relations hommes-femmes, des relations à l’amour, de la société et des clichés véhiculés. Je n’ai pas encore trouvé la manière de m’exprimer entre les morceaux, mais on m’a dit qu’il fallait le faire, car en France, beaucoup de gens ne comprennent pas les paroles.

Ta présence sur scène semble dédramatiser la dureté des paroles…

Marine : Je ne suis pas quelqu’un de renfermé, même si je suis un peu révoltée… Mes textes sont vraiment basés sur des expériences personnelles et des observations. Cela me permet de transformer cette colère.

Lucas : Marine est assez sanguine et nos morceaux éclatent… Entre les morceaux nous pouvons nous relâcher.

Ta voix peut être considérée comme un instrument, tu explores plusieurs styles…

Marine : J’ai une voix qui me permet de faire plusieurs choses, alors je ne vois pas pourquoi je me priverai ! (Rires) J’utilise plusieurs techniques car je n’ai pas à me retenir. Nous nous faisons vraiment plaisir sur scène.

Lucas : il y a quelque chose de mélodique, nous tenons à avoir des mélodies qui nous appartiennent et qui sont marquées. Tout le monde apporte sa petite touche dans le groupe, chaque membre apporte une voix différente et des sonorités complémentaires.

Marine : Lucas a une voix très grave, Sylvain est capable d’aller dans les graves et dans les aigües tout en ayant une voix très timbrée et Julien a une voix aigüe, comme celle d’une femme, qui apporte une certaine douceur.

Quels sont vos prochains projets ?

Marine : Nous sortons un EP en Mars 2013 sous plusieurs formats. Nous avons également un clip en préparation pour un nouveau single.

Qu’aimez-vous à Paris ?

Marine : Nous ne venons que très rarement à Paris, mais j’ai vraiment aimé le Divan Du Monde qui est dans un quartier très sympa. J’ai apprécié la décoration, l’ambiance et l’accueil.

Le Divan du Monde, 75 rue des Martyrs, 18e.

www.divandumonde.com

 

 

Lucas : J’aime le Zèbre de Belleville et sa disposition : les gens sont autour de toi et la salle a vraiment du caractère.

 

Le Zèbre de Belleville, 63 Boulevard de Belleville, 11e.

www.lezebre.com

Nous avons mangé les salades les plus grosses de notre existence en sortant du Divan du Monde dans un bistrot situé à l’angle : La Marmite.

La Marmite, 2 boulevard de Clichy, 18e.

Marine : J’aime les friperies Rag et Vertiges vers le centre Pompidou, ce sont des bric-à-bracs incroyables.

Rag et Vertiges, 83 et 85, rue Saint Martin, 4e.

 

Lucas : J’aime l’International Records. Nous jouions à l’international peu de temps après son ouverture et cela m’a donné envie d’y passer. J’y ai trouvé des disques, ils ont un bon choix.

L’International Records, 12 rue Moret, 11e.

www.linternationalrecords.com

 

Erotic Market – Rumblin

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Leur page Soundcloud : soundcloud.com/eroticmarket

Leur page Facebook: www.facebook.com/EroticMarket

Merci Marine et Lucas pour cette discussion à la sortie de votre concert.

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Un grand merci à Maxime Jacquart (Echo Orange) et Guillaume (Jarring Effects) pour avoir rendu cette interview possible.

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