Fauve s'invite chez Chuchotements

[L’invité…]

Fauve est un jeune groupe parisien au style difficilement définissable. C’est un projet entre amis qui s’est agrandi et précisé au fil du temps. De trois membres ils sont passés à cinq en gardant une idée fondatrice : faire de la musique leur exutoire. Adoptant un style parlé, des textes grinçants, des beats hip-hop et une mélodie plus pop, Fauve intrigue et séduit.

Quel est le rôle de chacun dans ce projet ?

Simon : Je suis le batteur de Fauve.

Pierre : Je suis le guitariste du groupe, Quentin est au chant et Stéphane, qui a intégré le projet plus récemment, est notre bassiste. Noki est le cinquième membre du projet ; il est graphiste et s’occupe de tout ce qui est visuel.

Comment tout a commencé ?

Pierre : Nous nous sommes rencontrés lors de nos études et faisions de la musique ensemble avant de lancer Fauve. L’idée du projet est née il y a à peu près deux ans : nous voulions écrire des textes qui nous permettraient de nous sentir mieux vis-à-vis de nos problèmes… Parfois nous passons par des périodes difficiles et créer des chansons est une façon d’exorciser nos démons. C’était un projet assez personnel ; cela nous permet d’expulser et de dire des choses…pour aller mieux !

J’avais déjà écrit que vous auriez pu tout livrer sur le divan d’un psychiatre, mais que, heureusement pour nous, vous avez choisi d’en faire de la musique…

Simon : C’est exactement ça !

Pierre : C’est aussi pour ça que c’est assez surprenant… Nous avons des bons retours et cela se passe bien pour nous. Quand nous avons composé nos chansons, nous n’avions pas considéré la réaction des gens vis-à-vis de celles-ci… Nous n’avons pas décidé de créer des instrus ou des beats pour que les gens dansent, ni de mélodies pour qu’ils les chantent… Nous faisions vraiment ça pour nous. C’est un peu surprenant de voir que les gens apprécient nos chansons! Tout est allé très vite : il y a environ un an nous sortions nos premiers titres et sept ou huit mois après nous avions nos premières scènes.

Quelles sont vos influences ?

Pierre : La musique que nous écoutons influence forcément notre choix musical. Plus jeunes, nous écoutions pas mal de hip-hop…

Simon : Comme Tribe Called Quest et le Wu-Tang Clan… Mais nos influences ne sont pas que musicales.

Pierre : Nous avons grandi avec IAM et NTM. Nos goûts musicaux nous donc influencés, mais nous tirons également nos influences d’autres sources… Cela peut être un livre que nous avons lu, un film que nous avons vu ou simplement des situations que nous avons vécues et qui nous donnent envie d’écrire.

Simon : Chaque personne apporte ses influences. Noki peut apporter une touche purement visuelle après avoir travaillé avec un photographe en particulier… Nos influences peuvent être marquées par des cinéastes ou des films qui nous inspirent, ou bien par des artistes pour lesquels nous admirons la carrière… Chacun a ses préférences : certains sont plus proches du cinéma et d’autres plus proches de la musique.

Pierre : Nous sommes, tous les cinq, très différents ! Certains apportent un côté plus ‘perché’, plus sauvage, plus spontané, plus posé…

Quand on se réfère à vos textes, on remarque qu’il s’agit plus d’expériences personnelles…

Simon : C’est clairement ça… Nous avions besoin de nous faire du bien en écrivant des textes. C’est du vécu et il y a un côté assez thérapeutique. Nos références, quelles soient cinématographiques, visuelles ou musicales, nous aident à mettre en forme ces propos. Elles nous permettent de décliner un univers et une ambiance précise qui sert de support à notre musique. Nous sommes assez surpris du retour des gens car nous voyons que les sentiments sont partagés et cela nous permet de nous sentir moins seuls.

Pierre : Nous faisons quelque chose qui nous fait du bien, qui peut nous rendre fiers et dont nos proches peuvent être fiers… C’est très important ! Nous souhaitons vraiment partager cet univers avec les gens qui nous entourent. Nous créons notre musique dans le but de progresser ensemble dans la vie. Pour moi, Fauve ce n’est pas un groupe de musique, mais un projet entre amis… C’est ce qui m’importe le plus ! Notre noyau est constitué de nous cinq, mais cela nous permet également de collaborer avec d’autres personnes.

Nous ne savons pas grand-chose de vous…

Pierre : Pourtant nous ne nous cachons pas… Nous ne sommes pas masqués en concert, nous ne sommes pas Daft Punk ! (Rires) Je pense qu’il s’agit d’un souci de discrétion et d’un peu de pudeur car nous parlons de choses assez personnelles. Nous cherchons également à rejeter cette posture de « groupe ». Celui-ci est souvent mis sur un piédestal et le public a le rôle de celui qui l’estime et l’admire… C’est peut-être un peu idéaliste, mais nous ne souhaitons pas rester entre nous après un concert : faire la fête, se saouler et aller draguer des petites nanas. (Rires) Nous avons envie de sortir et discuter avec les gens ! Nous aimerions que tout le monde soit au même niveau et c’est pour cela que nous avons choisi de rester discrets. Ce n’est pas une stratégie pour créer du mystère… Quand les gens nous rencontrerons, ils verront bien que nous sommes un peu ringards et pas si cools ! (Rires)

Comment travaillez-vous vos chansons ?

Simon : Dans le processus d’écriture, nous n’utilisons pas forcément toujours la même méthode…Mais nous partons toujours des paroles. Nous écrivons un texte sur un sujet assez précis puis cherchons à créer une ambiance qui lui correspond et qui nous permet de faire passer un message. Nos instrus sont souvent proches du hip-hop, même si c’est parfois plus mélodieux… En live, nos influences hip-hop se font plus ressentir sur certains titres.

Pierre : Nous mettons des basses et des beats hip-hop, mais cela ne nous empêche pas de rajouter une guitare ou un piano assez pop.

Cela semble assez difficile, mais comment définiriez-vous votre musique ?

Pierre : Je vais utiliser une image pour illustrer notre idéal. Il faut imaginer une musique de jazz où un instrument est prédominant… Le saxophone par exemple : il est mis en avant, se balade et tous les autres instruments lui laissent de la place, même s’ils restent très importants. Pour nous, l’instrument mis en avant est la voix. Celle-ci se balade : elle peut être mélodique, sortir du rythme, y revenir, faire des phrasés rapides, puis des lents… Bien sûr, nous ne faisons pas de jazz, mais j’aime cette idée ! (Rires) Quant à trouver un mot pour nous définir… nous nous posons encore la question ! Les gens nous définissent à notre place, mais nous ne sommes pas forcément d’accord avec leurs définitions.

Simon : En un sens, j’aime bien que les gens éprouvent des difficultés à nous définir et nous collent des étiquettes : slam-rock, chanson française, pop… Ils nous donnent l’impression de stagner et d’attendre que nous leur apportions une réponse. Je n’ai pas de réponse à apporter car je ne me suis pas encore posé la question. Peut-être que ça cultive ce « mystère » que tu as mentionné : ils ne savent pas à quoi nous ressemblons, ne savent pas grand-chose de nous et n’arrivent pas à définir notre style… Cela me plait ! (Rires)

Quels sont vos projets ?

Pierre : Faire beaucoup de concerts ! Nous allons nous associer à un tourneur. Nous voulons faire de la route, vivre quelque chose de cool entre amis et rencontrer des gens. Un EP sortira sûrement début 2013.

Quels lieux aimez-vous fréquenter à Paris ?

Simon : Nous allons souvent manger dans des restaurants indiens dans le passage Brady (10e). Ce n’est pas très cher et tu as l’impression de rentrer dans un univers spécifique. Nous changeons à chaque fois de restaurant.

Je reste beaucoup dans mon quartier. Il y a plein de petits buibuis vers la rue Au Maire et la rue Volta (3e). Il y a beaucoup de restaurants chinois, des supermarchés japonais et des sandwichs vietnamiens à tester.

 

Pierre : je vais tout le temps chez Ali Baba, un petit bar à chica égyptien. Il n’a rien de spécifique… Ils diffusent des débats sur la politique égyptienne et mettent parfois du raï égyptien un peu techno. J’y vais tout le temps ! Ali Baba c’est vachement sympa ! (Rires)

Ali Baba, 34 rue de Douai, 9e.

A une époque nous allions beaucoup au bar Le Motel pour voir les DJ sets de nos amis.

Le Motel, 8 passage Josset, 11e.

www.lemotel.fr

Simon : Je vais souvent à La Trinquette, un bar à vin du Sud Ouest. Ils ont de très bons vins et tu peux également commander des planches de fromages et charcuterie.

La Trinquette, 67 rue des Gravilliers, 3e.

www.facebook.com/la.trinquette.3

J’ai découvert un restaurant franco-taïwanais, le 37m². Ils font de bons brunchs le week-end et du bubble tea l’après-midi. Les plats sont incroyables !

Le 37m², 68 rue Rodier, 9e.

le37m2.blogspot.fr

 

Pierre : J’aime bien aller bruncher aux Puces des Batignolles.

Les Puces de Batignolles, 110 rue Legendre, 17e.

 

J’aime aussi un nouveau disquaire, All Access. C’est un 360° autour de la musique : il vend des vinyles, des affiches, des livres et du matériel. Il n’a pas forcément beaucoup de références, mais c’est très pointu et de très bonne qualité.

All Access, 3 rue Brochant, 17e.

disquevinyleparis.com

Stéphane (par téléphone) : J’aime le pub The Lions. Tu y trouves les meilleurs hamburgers de Paris : le Cheeseburger ne coûte que 10€ ! La musique n’est plus aussi bien qu’avant, mais on peut jouer aux fléchettes et manger des cacahuètes qui piquent.

The Lions, 120 rue Montmartre, 2e.

www.thelionsparis.com

La Miroiterie est un vieux squat du 20e arrondissement. Cet endroit est menacé de fermeture, mais il faut continuer à y aller pour le soutenir. Il y a beaucoup de bons concerts qui ne sont jamais au dessus de 10€.

La Miroiterie, 88 rue de Ménilmontant, 20e.

lamiroit.free.fr

J’aime bien le bar Rock’n’Roll Circus à Pigalle. La bière n’est pas chère, la musique est bonne et les gens ne sont pas aussi « clichés » que ceux que l’on retrouve dans les autres bars du quartier ! (Rires)

Rock’n’Roll Circus, 5 rue André Antoine, 18e.

www.facebook.com/BarRockandRollCircus

Dans le quartier, Scarfood propose les kebabs les plus « débiles » de Paris. Ils proposent 3 ou 4 sortes de viande dans le même sandwich et une variété de sauces inégalée. Je conseille le Bazooka avec une sauce cheezy eazy. Je pourrais faire tout un hors série sur les kebabs de la rive droite… Je pense les connaitre à peu près tous !

Scarfood, 28 rue Pierre Fontaine, 9e.

Fauve ≠ Nuits Fauves

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Fauve ≠ 4.000 îles

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Site de Fauve : fauvecorp.com

Merci Fauve pour cette discussion sympathique autour d’un verre.

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