Lilly Wood And The Prick s'invitent chez Chuchotements

[L’invité…]

Lilly Wood And The Prick remontent sur le ring avec un nouvel opus The Fight (Cinq7) sorti en novembre dernier 2012. Deux ans après leur premier album, Invincible Friends, Nili et Benjamin démontrent qu’ils ont pu s’enrichir de leur tournée et de leurs expériences. Ce nouvel album nous entraîne dans un spleen joyeux, toujours aussi spontané et frais, dans lequel nous ressentons une plus grande implication. Chuchotements a rencontré Nili et Benjamin au restaurant Chez Justine. Ce fût l’occasion de parler de leur nouvel album, de leur façon de travailler et de découvrir toutes leurs bonnes adresses parisiennes.

Comment a commencé Lilly Wood And The Prick?

Nili : Nous nous sommes rencontrés il y a six ans dans un bar, le Pop In, par l’intermédiaire d’un ami qui savait que nous souhaitions faire de la musique et pensait que nous pourrions nous accorder. Il ne s’était pas trompé !

Benjamin : Nili m’a rappelé deux jours après. Elle est passée chez moi et nous avons tout de suite commencé à composer des chansons… Elle a créé un Myspace très rapidement.

Nili : Je suis très 2.0 ! Nous avions envie de créer sans nous poser de question. Nous sommes très différents et c’est ce qui a enrichi le projet. Nous n’avons pas les mêmes goûts ni la même façon de voir les choses… C’est très intéressant et je pense que c’est ce qui nous permet d’avancer.

Comment se traduit ce contraste?

Benjamin : J’ai peut-être des influences différentes de celles de Nili. J’aime ce qui est rythmé et je ne suis pas forcément dans quelque chose de sombre… Nili écrit les textes et a sûrement plus le spleen.

Nili : Cela crée un contraste intéressant. C’est plutôt complémentaire et particulier… Je pense que c’est rare quand ta marque de fabrique réside dans un contraste entre la musique et les textes. Notre façon de composer n’est pas du tout conventionnelle : nous n’avons pas forcément besoin de nous retrouver pour créer ! Nous sommes peut être à mi-chemin entre le travail d’un producteur enfermé dans son studio et celui d’un groupe qui se rassemble pour composer. J’ai eu l’occasion de travailler avec d’autres personnes et c’était très différent. Avec Ben, nos méthodes sont peu communes ; cela peut nous prendre deux minutes ! (Rires) Il travaille les morceaux chez lui, puis me les montre à la guitare… De mon côté, je m’occupe des textes. Nous nous inspirons mutuellement. Si un accord ne me plaît pas, nous cherchons rapidement une alternative. De même, si Ben n’apprécie pas ce que j’écris il n’hésite pas à me le dire ! Il n’y a pas trop de règles : nous nous laissons faire.

Benjamin : Nous cherchons toujours la ligne qui nous intéresse quand nous maquettons les titres avant de rentrer en studio.

Nili : Quand tu écoutes nos anciennes maquettes, même si le rendu diffère légèrement, nous restons assez proches de l’album. Nous réussissons désormais à produire bien plus… C’est cool !

Que cherches-tu à exprimer au travers de tes textes ?

Nili : Je ne recherche pas à exprimer grand-chose… Je cherche surtout à me débarrasser de plein de choses, comme un exutoire, même si cela n’est pas très original. Je suis quelqu’un de sensible et très facilement peinée… Cela me fait beaucoup de bien. Nous sommes touchés par le temps qui passe et par les histoires de cœur.

Benjamin : … par les émotions de tous les jours !

Vous venez de sortir votre dernier album. Quelle était l’approche de celui-ci ?

Benjamin : Avec l’expérience d’une tournée et d’un premier album, nous nous sommes rendus compte que nous voulions renforcer le côté rythmique de nos chansons. Nous avons souhaité mettre la basse et la batterie plus en avant. Nous nous sommes beaucoup impliqués, mais notre méthode de travail reste la même : spontanée et assez naïve. Cette expérience nous a permis de prendre plus de recul : nous n’avons pas laissé passer certaines choses et avons un peu plus insisté sur d’autres. A mon sens cela reste un album aussi frais que le premier…un peu comme si c’était un premier album !

Nili : En deux ans nous avons vécu beaucoup de choses et évolués… Tu as forcément l’impression d’être meilleur, mais nous penserons sûrement la même chose dans deux ans en regardant cet album. Nous avons réussi à créer quelque chose qui ressemble à ce que nous sommes en ce moment. Désormais nous savons mieux ce que nous faisons et nous sommes plus impliqués.

Quelles sont vos références ?

Nili : J’écoutais pas mal de chanteuses comme Etta James et Aretha Franklin… Plus jeune, j’écoutais Fiona Apple. Ses textes sont des poèmes qu’elle met en musique avec son groupe de jazz. Sa musique est parfois un peu ringarde, mais ses textes sont très bien écrits… Sa façon de les placer est très originale : parfois cela se rapproche presque du slam ! J’aime beaucoup la musique classique ou des choses plus improbables comme le ragtime. J’ai plusieurs vinyles que j’écoute souvent. Nos références sont très éclectiques, nous écoutons un peu de tout.

Benjamin : J’ai écouté beaucoup de blues, de folk et du rock en étant jeune. C’était plus du rock vintage : J.J. Cale, Neil Young, ACDC… J’ai été également bercé par la musique française comme Serge Gainsbourg.

Nili : Pareil… Ce sont des moments qui te marquent. Avec mon père, nous écoutions Maxime Le Forestier dans la voiture.

Benjamin : Après j’ai eu des périodes un peu plus hip-hop français et américain…

Nili : Michel Delpech !

Benjamin : Michel Delpech : du très bon hip-hop français ! (Rires) Par contre je n’ai jamais vraiment été attiré par la musique électronique…

Nili : En ce moment j’écoute le groupe Daughter qui est vraiment génial. J’aime beaucoup La Forêt de Lescop, mais je crois que je préfère la reprise de Mustang… l’instru est vraiment incroyable !

Benjamin : De mon côté j’écoute Willy Moon. C’est plutôt sympa et le chanteur est impressionnant. Ce n’est pas tout récent, mais j’aime beaucoup Theophilus London. J’écoute régulièrement son EP.

 

Ces influences se retrouvent-elles dans votre musique ?

Nili : Nous sommes faits de ce que nous avons vécu et écouté. Cela doit inévitablement influencer ce que nous créons… Même si ce n’est pas fait exprès !

Benjamin : Nous ne sommes pas dans une mouvance comme The Cure ou Depeche Mode. Ils s’inspiraient un peu tous des mêmes groupes et au final leur musique était assez similaire. Avec Internet, notre génération peut découvrir au moins trois groupes par jour. Nous nous attachons moins à un artiste en particulier…

Nili : Maintenant c’est difficile de s’attacher à un groupe car nous sommes dans une culture de consommation assez poussée… Nous n’avons pas forcément voulu suivre une tendance. Nous sommes des gens assez tempérés et nous n’allons jamais à fond dans un style ! Ça nous laisse de la place pour faire tout ce que nous voulons : nous avons pu partir dans tous les sens sur les deux albums.

Quels sont vos prochains projets ?

Nous commençons une tournée fin Janvier 2013 : à La Cigale le 21 Février et au Trianon le 21 mars. Nous avons également réalisé la B.O du film Ouf de Yann Coridian qui devrait sortir le 6 janvier 2013. Nous allons également sortir un EP de remixes avec quelques artistes à découvrir… Dont Yuksek! Nous venons de réaliser 3 clips : nous avons explosé notre quota ! (Rires)

Quels lieux aimez-vous fréquenter à Paris ?

Benjamin : Nous sommes souvent dans ce restaurant : Chez Justine. Notre label (Cinq7) est à côté et Nili connait les gens qui y travaillent.

Chez Justine, 96 rue Oberkampf, 11e.

www.chezjustine.fr

Nili : Le repère de Ben est le Plastic ! Ce bar est sa deuxième maison, il a son sac de couchage dans un coin ! (Rires)

Le Plastic, 13 rue Jean Beausire, 4e.

www.facebook.com/Le-Plastic

 

J’habite dans le 20e arrondissement vers Ménilmontant et j’adore ce quartier pour son mélange de cultures. Tu as un peu l’impression d’être à la campagne ! Chez moi, tu as la sensation de rentrer dans une maison car c’est au rez-de-chaussée. Je peux voir le facteur mettre mon courrier dans la boîte aux lettres et le remercier. Il y a une vraie vie de quartier ! Dans ma rue, il y a plein d’ateliers d’artistes un peu cachés et si tu continues la rue Boyer il y a plein de petites maisons et des jardins. Ça reste un endroit très tranquille où il s’aventurer dans les petites rues et bien ouvrir les yeux !

Je suis allée à l’exposition du Quai Branly sur les cheveux. Des têtes réduites de Jivaro y sont exposées.

Exposition Cheveux Chéris, jusqu’au 14 Juillet 2013.

Musée du Quai Branly, 37 quai Branly, 7e.

www.quaibranly.fr/cheveux-cheris

Benjamin : Je suis allé voir l’exposition Bohèmes au Grand Palais. C’est une très belle exposition, mais celle-ci conclut sur la montée du nazisme… Cela donne l’impression que tous les bohémiens ont été exterminés à cette période. Mais c’est faux ! La culture bohème a continué après cette période, que ce soit dans la mode ou la musique. La bohème… (Il chantonne)

Exposition Bohèmes, jusqu’au 14 janvier 2013.

Grand Palais, place Clémenceau, 8e.

www.grandpalais.fr/bohemes

J’aime beaucoup le restaurant Le Square Trousseau qui est près de chez moi. C’est un restaurant Costes, mais cela ne se ressent pas : l’ambiance est plus celle d’un bistrot parisien. La cuisine est plutôt bonne et c’est très joli.

Le Square Trousseau, 1 rue Antoine Vollon, 12e.

www.squaretrousseau.com

Nili : Mon restaurant du moment est L’Ebauchoir. C’est une très bonne adresse située dans des anciens locaux industriels. Ils ont une très bonne carte des vins et la cuisine y est raffinée.

L’Ebauchoir, 43-45 rue de Cîteaux, 12e.

www.lebauchoir.com

 

Lilly Wood And The Prick – Middle of the Night

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Lilly Wood And The Prick – Where I Want To Be (California)

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Site de Lilly Wood And The Prick: lillywoodandtheprick.com

Merci Nili et Benjamin pour cette rencontre autour d’un déjeuner Chez Justine.

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Un grand merci à Romain Toulemonde, de Cinq7, pour avoir rendu cette interview possible.

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