Stuck In The Sound @ Olympia

Stuck in the Sound fête ses dix ans de carrière et nous offre cette année un retour sur scène très attendu dans le sillage de la sortie de Poursuit, son troisième opus. Sept mois après un concert époustouflant à la Cigale, le groupe s’est produit samedi 20 octobre sur la mythique scène de l’Olympia.

Dans un pays où il est difficile de s’imposer comme une référence du rock, particulièrement si on fait le choix de chanter en anglais, Stuck in the Sound est l’exemple même d’une carrière bien menée et d’un talent indéniable. Ligne de conduite réfléchie et cohérente, maîtrise d’une certaine pluridisciplinarité, morceaux travaillés : leur dernier album est à la hauteur des attentes. Il les surpasse même en nous surprenant par des choix musicaux très hétéroclites.

L’arrivée des membres est fortement acclamée par le public. José (chant/guitare), Emmanuel (guitare), Arno (basse), François (batterie) et depuis peu Romain (guitare), leur ingénieur son, qui les a rejoint, ont érigé un immense « mur de guitares» sur scène. Derrière lui, les beats de la batterie s’imposent royalement pour envahir nos oreilles à la manière des mécanismes du système nerveux. L’impulsion de ce rythme marqué stimule nos récepteurs sensoriels, remontant de synapses en synapses pour diffuser une sonorité presque chimique dans notre cortex.

Commençant par Ouais, Shoot Shoot, le groupe enchaîne sur Brother, morceau hybride de l’album, très électro et déclencheur d’une hystérie générale dans la salle.

On reconnaît certaines influences sur de nombreux morceaux, comme Sonic Youth sur Delicious Dog ou encore The Cure et Joy Division sur Zapruder. La voix singulière et aigüe de José, elle, fait penser à Jeff Buckley.

« Vous êtes chauds pour danser ? », lance José au public. Celui-ci répond positivement et toutes les mains sont levées pour Never On the Radio. Très électro-rock, la batterie charismatique et pénétrante est accompagnée par les nombreux claquements de mains.

Bandruptcy, très travaillé, très rock, d’une extrême puissance et aux riffs de guitare très marqués, nous fait penser à At The Drive-In, incitant presque au Headbanging. Puis vient l’annonce de Toy Boy… Les spectateurs hurlent dès les premiers accords, le sol tremble. Soudain, au milieu du morceau, la musique s’arrête. Tous les musiciens restent figés… José présente alors les membres du groupe et leur fait des dédicaces. C’est en les regardant tous immobiles que l’on réalise que Toy Boy est comme figé dans le temps. Ce morceau qui a propulsé le groupe sur le devant de la scène et qui est la preuve de leur grand talent peut être rangé dans la catégorie des « intemporels ».

Accompagné d’un quatuor de violons et violoncelle, Stuck in the Sound offre un rappel de qualité en débutant par Tender, un opus d’une rare pureté au cours duquel le chant monte en douceur, accompagné d’une mélodie puissante et enivrante. Après quelques morceaux, le groupe nous quitte sur Don’t Go Henry, final explosif aux sonorités saccadées, toujours mené par une batterie quasiment orgasmique.

Malgré quelques problèmes techniques, finement commentés par le leader du groupe (« On peut applaudir la guitare qui a fait plus de 100 dates et qui va bientôt rendre l’âme ! »), ce concert fut une réussite. L’énergie sur scène est impressionnante. Tout comme la qualité des morceaux et la technique des musiciens. A la fin du concert, le public est conquis.

www.stuckinthesound.com

Dans la salle nous avons croisé Nicolas, du groupe Enosense ainsi que Christophe ‘Roy’ et Jay du groupe Perfect Idiots. Ils nous ont fait le plaisir de partager leurs impressions sur ce concert.

Roy de Perfect Idiots :

“Nous suivons Stuck in the Sound depuis ses débuts. Il y a des années, avec un ancien groupe, j’ai partagé quelques scènes avec eux. Pour moi, François a un des meilleurs jeux de charleston en France. Malgré son physique assez fin, il se donne à fond à la batterie et ne relâche que légèrement quand il participe aux chœurs. Le concert à la Cigale en mars dernier était explosif, alors qu’ici nous les avons sentis un peu tendus. José a mis un peu de temps à partir, les quelques problèmes techniques au début n’aidant pas. Leur album Pursuit prouve une plus grande expérience, il est beaucoup moins homogène, comme s’ils avaient créé leur identité. Brother est un morceau complètement à part dans cet album, il est particulièrement électro et sonnerait presque comme du Justice. Très bien produit, il est sûrement difficile à jouer en live. Je considère Criminal comme le meilleur morceau.”

perfectidiots.bandcamp.com/

Nicolas de Enosense :

“J’ai également trouvé que le groupe avait plus de puissance à la Cigale, mais l’ambiance était malgré tout très bonne. J’ai apprécié la belle intensité de certains morceaux et les nombreuses références musicales. Pursuit est leur album le plus réussi et abouti. J’affectionne particulièrement Brother, Let’s Go, Criminal et Tender, morceau pour lequel je tenterais bien une cover. Ils ont réussi à mélanger des mélodies pop imparables et cette furie qui font leur identité. Je suis assez impatient d’entendre la suite!”

enosense.com

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