Phyltre s'invite chez Chuchotements

[L’invité…]

Chuchotements a rencontré le groupe Phyltre dans les bureaux du siège Ricard à l’occasion de leur Release Party, organisée pour la sortie de leur EP Transferts. Vainqueurs du Prix SFR Jeunes Talents de 2011, ces quatre Avignonnais combinent textes en français, rock et pop rythmée.

Quel est l’univers de Phyltre ?

Benoît : L’univers de Phyltre, c’est l’aventure de quatre potes amateurs de plein de bonnes choses et qui s’apprécient très fort.

Sylvain : J’ai rencontré Benoît au lycée. Au début, nous faisions de la musique juste pour rigoler, et puis nous nous sommes aperçus que ce n’était pas rigolo et que quitte à faire quelque chose de « pas rigolo », autant gagner de l’argent avec. Nous avons cherché des gens aussi motivés que nous et nous avons trouvé Axel et Romain sur Internet il y a deux ans ! La véritable aventure a commencé à ce moment là. C’est une montée progressive, mais rapide malgré tout. Nous ne travaillons pas plus maintenant qu’il y a deux ans, mais les résultats sont plus visibles. Pour nous, c’est un juste retour des efforts que nous avons fourni, même si nous ne sommes sûrement qu’au dixième de la courbe… Nous aimerions bien que cela monte encore plus.

Comment avez-vous décidé du nom du groupe ?

Sylvain : Nous cherchions un nom qui sonnait bien dans le dictionnaire. En parcourant les pages au hasard, nous sommes tombés sur Philtre, le philtre d’amour. Dans la sonorité il y avait le Filtre de cigarette qui nous plaisait bien, mais qui est un peu plus sale… L’insertion du « y » provient d’une faute d’orthographe que Benoît a faite dans notre premier communiqué de presse et que nous avons décidé de garder!

Et si vous aviez un mot pour définir vos quatre personnalités …

Sylvain : Pour Romain, je dirais « nuage » ! (Rires) Car c’est joli, ça a un côté rêveur et c’est toujours dans le ciel…

Axel : Romain est un « courant d’air » car il pousse le nuage, mais nous ne savons pas trop où. Je suis plutôt d’accord avec la notion de nuage !

Benoît : Pour moi, Romain c’est Mister Bean !

Axel : Benoît est « l’agenda » ! (Rires)

Sylvain : C’est l’homme le plus organisé de la Terre… C’est aussi notre « Bescherelle » avec son accumulation de fautes !

Axel : Sylvain est notre « Blouson Neuf ».

Benoît : Je dirais « Tahiti Douche » …

Sylvain : Effectivement, j’adore le groupe Tahiti 80 et les bains douches !

Romain : C’est le plus « bisounours » du groupe. Il s’est tatoué un cœur avec un arc-en-ciel sur le torse ! (Rires)

Benoît, s’adressant à Sylvain : D’ailleurs tu es le seul de nous quatre à être sponsorisé par « Kleenex » !

Sylvain : Parce que je pleure tout le temps ! Pour Axel, je dirais que c’est « Moustache » ou « Cetelem » : il passe son temps à s’acheter des choses et quand il n’a plus d’argent, il prend des crédits pour continuer à s’acheter d’autres choses !

Tu as déjà pris un crédit pour rembourser tes crédits ? Alex : Oui, je l’ai fait une fois ! Je viens de finir de le rembourser et je suis bien content ! (Rires des autres)

Quel mot définirait le plus votre musique ?

Sylvain : Transferts ! C’est le nom de notre dernier EP et il résume bien notre musique. C’est un transfert entre plusieurs générations musicales et différents styles : la pop, le rock, l’électro… Cela est dû au fait que nous écoutons de la musique anglo-saxonne, mais que nous chantons en français. C’est également un transfert de personnalités car nous sommes un groupe très soudé !

Benoît : C’est un héritage de plein de belles choses…

Axel : … Sous les étoiles ! (Rires)

Sylvain : Il y a quelque chose qui revient un peu tout le temps dans les textes, c’est l’inversion de personnalités et la fascination pour la féminité que nous remettons à notre sauce…

C’est-à-dire ?

Sylvain : Nous sommes fascinés par le côté féminin dans sa globalité, dans sa beauté, sa malice, son savoir-faire, son intelligence… Sans non plus être malheureux d’être des hommes !

Axel : D’ailleurs, dès le premier contrat, nous partons tous au Brésil pour une opération ! (Rires des quatre)

La féminité fait-elle partie intégrante de vos textes ?

Sylvain : Elle est dans la musique comme dans nos textes. Nous ne sommes pas dans de la musique animale masculine, pas dans du punk, pas dans du revendicatif comme l’est souvent le rock français, pas non plus dans de la techno hardcore… Nous ne sommes pas dans des choses très masculines et transpirantes… Malgré notre grosse énergie, nous sommes plus dans la douceur et la finesse que dans le « bourrinage ».

Vous explorez votre côté féminin ?

Sylvain : Nous essayons ! L’explorer en étant des hommes est très plaisant, cela nous donne des possibilités infinies ! Ce sont plus des observations : nous ne tentons pas d’imiter, mais plutôt d’appréhender ce qu’il y a de beau dans la féminité.

Benoît : Nous pouvons le faire de façons très différentes ! Sylvain, qui est un peu « l’homme-texte » du groupe, le fait à sa façon et nous, nous le faisons avec nos instruments et nos chœurs quand nous suivons le chant… C’est peut-être plus facile pour nous… Plus facile à assumer ! Nous nous dévoilons plus discrètement avec des instruments ou des enchaînements d’accords qu’avec un texte en français.

Comment travaillez-vous vos morceaux?

Sylvain : Nous avons souvent les idées de musiques et de mélodies en amont, puis nous posons des textes dessus en fonction de l’ambiance du morceau et de la sonorité des mots que nous avons envie de mettre. Nous sommes plus dans une recherche phonétique et sonore, bien que j’apporte beaucoup d’importance au texte… Un jour peut-être, nous arriverons à faire l’inverse, mais pour l’instant nous n’y arrivons pas.

Axel : Nous sommes complémentaires !

Benoît : Nous pouvons arriver avec une idée au piano, puis avec le texte nous remplaçons le piano par une guitare car cela concorde mieux. Cela peut aller dans les deux sens : il y a une sorte d’aller-retour à chaque fois. Et du coup… (Rires des quatre)

Sylvain : Nous nous sommes aperçus la semaine dernière que tout le monde disait « du coup » mille fois par jour et c’est assez insupportable !

Les quatre, chantonnant en chœur : Du coup… Du coup, du coup, du coup, du coup !

Le concours SFR Jeunes Talents a-t-il généré une impulsion ?

Sylvain : Oui, dans le travail et dans les résultats. Cela nous a permis une belle exposition, d’être découverts par des gens du milieu, mais aussi par les médias. Ce suivi nous a permis d’accéder à certaines résidences, de faire de belles scènes comme les Francofolies et le Printemps de Bourges, de faire des photos, de tourner des clips et même de jouer à Taratata cette année ! Le dispositif SFR jeunes talents y est pour beaucoup, mais c’est …

Benoît : C’est l’aboutissement de notre travail !

Quels sont vos prochains projets ?

Sylvain : Notre EP est sorti le 22 Octobre, nous espérons qu’il se vendra bien! Le clip de Wacko, que nous avons tourné début septembre, devrait sortir d’ici peu.

Axel : Nous avons eu la chance de pouvoir tourner dans le parc du Cirque Alexis Gruss, qui se trouve dans le Vaucluse. Nous avons pu profiter du magnifique chapiteau et de toute l’infrastructure… C’est un endroit assez beau !

Benoît : Faire un album !

Sylvain : C’est notre gros projet pour 2013. Nous avons déjà une dizaine de morceaux, mais nous aimerions en avoir le triple pour pouvoir sélectionner les meilleurs.

Romain : Nous continuerons à parler des femmes.

Sylvain : Nous y revenons toujours…

Avez-vous quelques anecdotes de concert à partager ?

Sylvain : Mon anecdote préférée reste celle de Benoît qui décide de slammer dans un concert à Chamrousse, dans les Alpes, pour un contest de snowboard. La soirée était impressionnante, les gens portaient Benoit, mais il y avait tellement d’alcool renversé sur le sol qu’ils ont glissé et il est tombé tête la première. Il s’est ouvert le crâne et a fini son morceau avec du papier sur la tête, puis nous avons terminé la soirée aux urgences !

Axel : Je me rappelle plutôt de Benoît à l’International qui décide de slammer avec sa guitare à la fin du morceau. Nous l’avons vu sauter, puis il a littéralement disparu ! Il y avait tellement de monde, son câble s’est débranché, il n’y avait plus de guitare, plus de son, plus rien ! (Rires des quatre)

Il serait peut-être judicieux de reconsidérer un groupe à trois…

Sylvain : Nous avons déjà rédigé pas mal de papiers au cas où. Pour les droits, récupérer ses instruments… Sa nécrologie est déjà préparée ! (Rires)

Que représente Paris pour vous ?

Sylvain : A chaque fois que je viens à Paris, c’est pour le travail… Ca représente Phyltre finalement… Et j’adore ça !

Axel : Ca commence à représenter un bout de ma vie. Je me suis installée dans le 18e il y a deux ans. Je partage mes semaines entre Avignon pour répéter et Paris… pour manger des frites chez De Clercq. Comme je suis belge, j’aime les frites belges.

De Clercq, Les rois de la frite, 169 rue Montmartre, 2e.

De-Clercq-les-Rois-de-la-Frite

Benoît : J’ai travaillé dans la musique à Paris, c’était un de mes rêves d’enfant. Dans cette ville, j’ai pu rencontrer des gens avec qui partager la même culture, la même passion pour la musique.

Sylvain : … Patrick Sébastien… (Rires des quatre)

Romain : C’est un peu pareil que Sylvain, je viens essentiellement à Paris pour la musique…et pour faire les friperies.

Sylvain : Les fripes belges ! (Rires)

Qu’aimez-vous faire ici ?

Romain : Les friperies ! Comme Episode, Hippy Market…

Axel: Guerrisol !

Romain: Oui, mais chez Guerrisol il faut bien fouiller…

Episode, 12/16 rue Tiquetonne, 2e.

www.episode.eu

Hippy Market, 51 rue Clignancourt et 7_9 rue des Trois Frères, 18e.

www.friperieparis.com

Guerrisol, 17 bis boulevard Rochechouart, 9e.

guerrisol.com

Axel : Nous aimons bien traîner dans les bars aussi ! J’aime le Kitch, dans la rue Oberkampf. C’est un petit bar minuscule, très sympa… et très kitsch ! Ils font le Shrek, ils mixent les feuilles de menthe et cela rend une pâte assez épaisse, une sorte de « vomito » de mojito … C’est délicieux ! Sinon, nous allons manger des wursts dans le bar Udo.

Le Kitch, 10 rue Oberkampf, 11e.

Le-Kitch

Udo, 4 rue Neuve Popincourt, 11e.

www.udobar.com

 

 

Romain : J’ai des souvenirs de belles cuites au Sans Souci, à Pigalle… C’est typiquement le bar où tu n’es jamais à l’intérieur ! Il n’y a pas de place, tu restes à boire sur le trottoir.

Le Sans Souci, 65 rue Jean-Baptiste Pigalle, 9e.

 

Benoît : J’aime beaucoup le Pop-In… Pour la musique, pour les gens qui y vont et pour Denis, le patron !

Le Pop In, 105 rue Amelot, 11e.

popin.fr

 

Axel : L’International aussi… Il y a tout le temps des concerts, tu ne sais jamais vraiment sur quoi tu vas tomber.

Benoît : On y retrouve l’esprit qu’il y avait à la Flèche d’Or il y a quelques années avec l’ancienne équipe. A l’International, tu peux faire des concerts tous les soirs, la programmation n’est pas mauvaise et la bière n’est pas chère !

L’international, 5/7 rue Moret, 20e.

www.linternational.fr

Sylvain : Les taxis parisiens, ça reste de bons souvenirs ! Plein de gens détestent les taxis … Beigbeder disait « A New York les taxis sont jaunes, à Londres ils sont noirs et à Paris ils sont cons ». Nous en prenons toujours un après des concerts ou des soirées, nous faisons n’importe quoi et cela devient un bon lieu de débauche !

Avez-vous des concerts à recommander ?

Sylvain : Soma à la Maroquinerie le 22 Novembre !

Concert Soma + Guest, le 22 novembre 2012

La Maroquinerie, 23 rue Boyer, 20e.

www.lamaroquinerie.fr

somamusic.fr

Benoit : Mais si, y’a la…Y’a la, y’a la, y’a la…

Les trois autres en chantant : Yallah !

… Une soirée Raï… Sylvain : C’est ça ! J’ai tellement hâte d’y aller… (Rires des quatre)

Benoît : Non, je voulais dire qu’il y a les belles soirées du festival des Inrocks à partir du 5 novembre !

Festival Les Inrocks, du 5 au 13 novembre 2012.

www.lesinrocks.com/event/festival-les-inrocks-paris

Merci Phyltre !

En attendant le clip : Phyltre – Wacko

Image de prévisualisation YouTube

Le site de Phyltre: www.phyltre.net

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